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SONDAGE SUR LES CHIENS DANGEREUX ANALYSE ET RESULTATS

 

 

Cela fera bientôt deux ans que la loi catégorisant les chiens dangereux et les mesures à prendre à leur encontre a été votée par notre gouvernement. Parallèlement, on a pu voir, partout en Europe, l’émergence de lois similaires, qui toutes s’attaquent plus ou moins violemment à certaines races ou types de chiens (molossoïdes essentiellement).

Seule la Suisse a su se démarquer de cette " cabale " et prendre une position plus réfléchie en reportant la prise de décrets jugés hâtifs par ses législateurs.

Aujourd’hui est l’heure des premiers bilans, et il nous a parut opportun de demander leur opinion aux premiers interpellés par ces mesures : les passionnés des chiens, via un sondage sur le site Internet http://www.ifrance.rottweiler-passion.fr.

Les questions se découpent comme suit :

Cette question n’avait en effet pas été posée à l’époque aux propriétaires et amis des animaux, ou encore aux personnes qui côtoient tous les jours, dans leur environnement quotidien ou dans leur travail, des chiens de races très diverses, et ont par conséquent une idée plus précise du " danger " qu’ils ressentent et de ses origines. Nous avons voulu leur donner la parole… Les mesures à l’encontre des molosses n’ont en effet tenu aucun compte des connaissances qu’a la population de l’éthogramme du chien et des bonnes réactions à avoir, tant lorsqu’on en croise un, en liberté ou non, que lorsqu’on en possède un.

Il nous a parut important de s’informer du désir d’information et de prévention ressentit par des gens qui souhaitent éviter les problèmes inhérents à la possession ou au croisement d’un chien, et ceci quelle que soit sa race ou son pedigree...

Encore une question, pourtant essentielle, dont il n’a pas été vraiment tenu compte, ni que de l’opinion de certains professionnels du chien, éthologues, comportementalistes, dresseurs, etc… Cette part de notre sondage a pour but de prendre connaissance des sentiments des gens concernant d’éventuelles races " dangereuses ", et d’évaluer l’impact de la campagne anti-molosses qui a lieu un peu partout en Europe…

Nous vous en livrons ici le résultat…

 

  1. Première question : Opinion sur la loi sur les chiens dangereux
  2.  

    Nous avons choisi de laisser ce sondage en ligne pendant une période d’un mois, afin de proposer un panel de réactions basé sur un nombre suffisant de réponses.

    La première question a totalisé 291 réponses qui se sont réparties comme suit :

     

    On remarque d’emblée que l’énoncé des textes actuels ne fait en aucun cas l’unanimité, puisque seuls 4 % du total des sondés déclarent en être satisfaits de sa forme actuelle. Et plus encore, la grande majorité des lecteurs (61 % précisément) la jugent tout simplement inacceptable à des degrés divers, tandis qu’un tiers de la population consultée souhaiterait la voir plus simplement remaniée.

    Si l’on analyse plus précisément les résultats obtenus selon l’âge des sondés, on obtient la visualisation suivante :

    On observe une nette homogénéité des opinions chez tous les sujets interrogés, avec un avis plus tranché des 41-50 ans, pourtant considérés comme étant extrêmement conscients des problèmes de sécurité susceptibles de toucher aussi bien leurs enfants qu’eux-mêmes. En effet, cette couche de la population considère franchement la loi comme étant inacceptable dans la forme proposée par le gouvernement (85 % y sont opposés), alors que les 51 ans et plus révèlent des positions générales moins tranchées quoique généralement opposées à la loi (2/3 des sondés la considèrent comme inacceptable, 22 % voudraient la voir modifiée).

    Le partage hommes/femmes démontre que le sexe de la population a peu d’influence sur les opinions exprimées, comme le démontre clairement le graphique suivant :


     
     

  3. Deuxième question : De l’utilité d’une campagne de prévention et d’information dans la prévention des accidents.
  4.  


    Cette partie de notre sondage a totalisé un nombre de 285 réponses, qui se répartissent comme suit :

     

    On constate que la population, de manière extrêmement homogène, considère comme insuffisantes ou inadéquates les données qui lui sont fournies pour éviter les accidents inhérents à la possession ou à la rencontre de nos amis à quatre pattes, et ceci malgré les quelques initiatives aujourd’hui mises en place par les organismes concernés (Ecoles, SCC, Vétérinaires, Associations de protection…).

    Une analyse différenciée selon le sexe et l’âge de la population met en évidence la même homogénéité, avec des taux de réponses positives comprises entre 60 % des réponses (pour les moins de 20 ans, les moins demandeurs d’information) et 85 % des résultats (pour les 41-50 ans, plus désireux d’apprendre à côtoyer le chien).

    Devant une telle unanimité, il nous apparaît par conséquent intéressant de mettre en place des actions visant à informer davantage et surtout à informer mieux…pour une meilleure compréhension des autres espèces, de leurs besoins, et des règles qui régissent les interactions inhérentes à leur présence dans nos cités…
     
     
     

  5. Troisième question : Selon vous, tous les sujets d’une même race peuvent ils être jugés dangereux.

  6.  

    Cette interrogation a curieusement provoqué une véritable unanimité chez les personnes testées dans ce sondage. Le graphique ci-après, basé sur un total de 284 réponses, le démontre très clairement :

    Le découpage de ces résultats selon le sexe et l’âge des personnes fait apparaître les même résultats dans tous les cas, les réponses négatives comprenant entre 89 % des réponses obtenues pour les moins de 20 ans (les " moins " convaincus de l’inutilité d’une classification par race) à 100 % des réponses pour les 41-50 ans, qui considèrent unanimement que la race n’a aucune influence sur l’éventuelle dangerosité d’un chien.

    Hommes et femmes présentent un pourcentage équivalent de respectivement 92 et 93 % de réponses négatives.

    Devant une telle unanimité, et devant les analyses proposées à l’époque de l’élaboration de la loi, par des professionnels réputés et reconnus, au législateur lors de la consultation qui fut faite, à nouveau la question se pose : sur quoi se sont basés nos politiques pour réaliser des textes, qui, à l’unanimité ou presque sont décriés par les cynophiles ?…
     
     
     

  7. Dernière question : Quel est selon vous le chien le plus mordeur parmi les races suivantes :
 
Cette partie de notre sondage a totalisé 479 réponses, démontrant à quel point ce problème d’une éventuelle " race " dangereuse préoccupe les cinophyles, soucieux de se protéger d’une telle probabilité. Les résultats sont parlants…

Le pitbull, visiblement victime du tapage médiatique dont il a été victime, apparaît très clairement en tête de la liste avec 22 % des opinions des sondés. Sa " victoire " au palmarès des chiens les plus mordeurs est surprenante et rendue illogique par la suite du listing, qui met en avant essentiellement des races non molossoïdes ! Ainsi on retrouve le caniche en deuxième place du podium, suivit par le Berger Allemand, ex-aequo avec le Yorkshire, et suivis du… Labrador, chien pourtant réputé " gentil ".

Si l’on analyse ces résultats de plus près, on découvre une catégorisation intéressante selon l’âge et le sexe de la population.

Ainsi on observe les courbes d’opinion par race suivantes selon l’âge :

On observe que la courbe qui correspond au " cas " du Pitbull décrit deux figures inverses très nettes en ce qui concerne les 41-50 ans, pour lesquels il ne constitue pas un danger, et pour les 51 ans et plus, qui eux le considèrent comme très dangereux (45 % de réponses dans ce sens).

Une autre race se démarque elle aussi au niveau de ces deux catégories d’âge, qui, manifestement, ne sont pas en accord sur l’éventualité d’une race à établir comme dangereuse : il s’agit curieusement du Labrador, qui apparaît comme très mordeur pour les 41-50 ans (35 % des opinions) et pas du tout chez les aînés (0 %).

Le reste des résultats montre une certaine homogénéité des avis, mais ces deux très nettes divergences tendraient à démontrer l’intérêt d’une étude plus approfondie de ces couches de population, et des raisons qui ont pu déterminer de telles " extrémismes " de pensée. Elles amènent également à douter une fois de plus du bien fondée d’une catégorisation des races, avec la mise en avant des molossoïdes comme chiens mordeurs ou dangereux, car ceux-ci sont, mis à part le Pitbull, unanimement décrié, peu présentes au palmarès des chiens mordeurs dans l’esprit de l’opinion publique !

En ce qui concerne les différences Hommes/Femmes, elles sont parfaitement mises en relief par le graphe suivant :

Les femmes ont apparemment un avis très tranché, mettant clairement en avant le Pitbull (molosse destiné aux " hommes " en quête d’une virilité perdue ?) et le caniche (peut on dire alors qu’il s’agit d’un " chien à femmes ", plus enfant que chien, et par conséquent mal éduqué ?…), puis le Berger Allemand, et le Yorkshire, deux races qui, en leur temps et avant tout le tapage dont fut victime le pit, connurent eux aussi leur " heure de gloire " en termes de mauvaise réputation…

Le sexe masculin montre une opinion apparemment plus mesurée, en dehors bien entendu de la majorité qui considère le Pitbull comme dangereux (20 %). En effet, la classification fait apparaître des différences relativement faibles entre les races, dans la mesure ou les pourcentages s’étalent dans une fourchette allant de 12 à 4 % d’avis positifs.



 

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Date de création de cette page :12/06/2001
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