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Le Sénat examine actuellement une loi qui étendrait les pouvoirs des maires dans le cadre de la législation sur les chiens dangereux. Les élus pourraient décider de faire euthanasier les animaux qui présentent un risque grave pour la sécurité des citoyens
L'ARSENAL antipitbulls se renforce. C'est un véritable
pouvoir d'élimination des chiens dangereux que le gouvernement veut
donner aux maires et aux préfets. La loi Vaillant sur la sécurité
quotidienne, actuellement examinée par le Sénat, devrait
les autoriser à faire euthanasier dans l'urgence les animaux présentant
un risque grave. " Ces chiens dangereux sont un fléau,
s'emporte Jean-Pierre Schosteck, rapporteur du
projet au Sénat et maire RPR de Châtillon (Hauts-de-Seine).
Jusqu'à présent, les maires ne pouvaient
pas faire grand-chose, à part placer l'animal en fourrière.
Bientôt, ils auront la possibilité de l'euthanasier dans les
48 heures. " La loi du 6 janvier 1999 avait posé les bases de la
lutte contre les molosses agressifs. Mais elle laissait aux seuls magistrats
la possibilité d'ordonner une euthanasie. En l'an 2000, sur les
1 261 chiens placés en fourrière en Ile-de-France, 183 avaient
été par la suite supprimés sur la décision
d'un juge. Un chiffre qui pourrait
grimper en flèche avec la nouvelle loi.
Cette procédure s'effectuera cependant
sous le contrôle d'un vétérinaire. Mais, sous certaines
conditions, le maire - ou le préfet - pourra passer outre l'avis
de ce spécialiste. Avec un risque d'arbitraire ? " Quand un
chien est dangereux, ce n'est pas difficile à évaluer",
se récrie Jean-Pierre Schosteck.
" Dans la commune, j'en vois souvent. Leurs
propriétaires s'en servent tout simplement pour éloigner
les gens. Ce que nous voulons, c'est que cette course au chien le plus
musclé, le plus méchant, cesse enfin. "
Cette nouvelle législation est également accueillie avec satisfaction par les policiers, qui estiment eux aussi que la loi de 1999 n'a pas réglé le problème. " Les gens savent désormais qu'il y a des règles à respecter avec ces chiens. Les délinquants aussi ! Mais elle ne va pas au fond des choses. Si l'on estime que des animaux sont dangereux, il faut en finir. "
Toutefois, la nouvelle loi sur la sécurité quotidienne n'atteindra ses objectifs que si l'intendance suit. A Gennevilliers (Hauts-de-Seine) comme à Orgeval (Yvelines), les fourrières souffrent déjà d'un engorgement chronique. Quant aux policiers susceptibles de capturer les molosses, ils ne sont pas si nombreux. On en compte 64 à Paris, affectés à l'unité cynophile, et 25 pour le reste de l'Ile-de-France. Localement, comme c'est le cas dans le Val-d'Oise, les commissariats s'équipent cependant en matériel de " neutralisation " et forment des policiers.
Guillaume Doyen
Le Parisien , dimanche 27 mai 2001
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